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Formation train classique

Beaucoup de pilotes formés sur des appareils à train tricycle se font toute une mythologie autour du train classique et des difficultés à appréhender autant le décollage que l'atterrissage. En quelques lignes je vais vous donner les clés pour désamorcer vos préjugés et vous vous rendrez compte qu'il existe un vrai défi et un vrai plaisir dans l'aviation à train classique.

Sans revenir sur les différences entre les deux types de train et les avantages et inconvénients qu'ils génèrent, je vais plutôt vous dire que dans chaque phase de pilotage, vous faites déjà du train classique sans le savoir.

On décolle souvent "trois points" avec un train classique ce qui évite de toucher à l'assiette lors de l'accélération. La visibilité est réduite vers l'avant et le contrôle directionnel difficile. Le tricycle rejoint le classique dans cette configuration "nez haut" lorsque vous tirez sur le manche pour soulager les efforts imposés à votre roulette de nez. Le nez dans le ciel votre tricycle peut ainsi décoller plus court que si vous le laissez rouler sans fin les trois roues au sol.

Pour parer à ce manque de visibilité, les classiques n'hésitent pas à mettre du manche en avant pour que leur appareil soit en ligne de vol avec un horizon bien stabilisé lors de l'accélération.

La visibilité rejoint celle du tricycle et la direction est d'autant plus facile que seule la dérive aide à diriger l'appareil et à garder l'axe de piste bien rectiligne.

Ensuite il suffit de ramener très légèrement le manche en secteur arrière pour que la nouvelle incidence génère la portance suffisante au décollage.

Comme le disait la môme Piaf :" dans le ciel plus de problème...", les deux types de trains n'auront aucune influence sur le comportement de l'appareil. C'est sur la vitesse de croisière que vous sentirez l'impact de la traînée des roues sur vos performances.

Pour l'atterrissage le train classique nous autorise toujours deux méthodes. Atterrissage trois points (c'est à dire avec la même assiette que celle de l'appareil lorsqu'il est arrêté au sol) et atterrissage de piste (Posé sur le train principale avec une assiette parallèle au sol et donc manche allant vers le secteur avant).

Lorsque le tricycle se pose, vous devez dans la mesure du possible refuser le sol lors du palier de décélération et garder le nez haut pour aller chercher la plus basse vitesse avant le touché des roues du train principale. Dans cette configuration précise vous êtes entrain de poser à votre insu un train classique : Nez haut, peu de visibilité vers l'avant, assiette à cabré et contrôle de la direction avec le palonnier puisque votre roue de nez n'est pas encore au sol.

Vous pouvez aussi poser trois points en tricycle mais en ULM le dimensionnement de la jambe de train avant ne permettra pas longtemps cette pratique. Régulièrement sollicité à 80-90 km/h, elle fatiguera avant vous et c'est sur le nez que vous aurez la malchance de finir.

Pour finir avec l'atterrissage de piste en classique. Il est aussi ludique que formateur. Personnellement je le privilégie à l'atterrissage trois points car par fort vent et vent de travers, il m'offre une meilleure défense au palonnier pour garder le contrôle directionnel. J'ai une très bonne visibilité vers l'avant et avec une assiette avec peu d'incidence, je suis sûr de ne pas remonter en cas de rafale de vent de face.

Tout en maintenant cette assiette horizontale, je commence doucement à freiner et je gère au manche (tangage) le moment à piqué qu'entraîne le freinage. Pour cela il faut regarder bien loin et imposer à son appareil un roulage bien parallèle au sol avec des corrections souples et proportionnées.

Facile à dire, facile à écrire et facile à faire....si on se pique au jeu et que l'on n'a pas peur de sacrifier une ou deux hélice dans sa carrière de pilote de loisir!


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